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29.1.14

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20.1.14

Reevox Festival



Préparation d'une lecture qui aura lieu dans le cadre du Festival Reevox, organisé par le GMEM, le 13 février prochain, à Aix-en-Provence (Seconde Nature).

Clara de Asis : Guitare préparée
Laura Vazquez : Texte et voix

Les répétitions ont lieu à la Cité de la musique de Marseille, dans la classe d'électroacoustique de Lucie Prod'homme.




12.12.13

La gorge, le poisson






Quand tu t’endors je te parle, je te parle, je te dis des serments, je te parle, je te dis c’est la guerre, je te dis les serments, je te fais la musique - à l’oreille - je te fais les serments, quand je parle - je parle - quand tu t’endors je parle, quand tu t’endors - quand je ne suis pas là - quand je ne suis pas là je parle, quand je parle - je te parle - et je ne suis pas là, quand je ne suis pas là je te parle - tiens écoute - tiens écoute je dis, je te dis tiens écoute, je te dis l’aventure, l’aventure c’est quelqu’un dans l’oreille, c’est quelqu’un dans l’oreille, c’est la dent sur l’oreille, 










je vais me taire, la pluie est belle, les jours sont pleins, il y a des guêpes, des grillons, il y a la nuit, des chenilles.










Il faut beaucoup de jours. beaucoup. il faut beaucoup de jours aujourd’hui. il faut le premier jour. il faut les premiers jours. il faut beaucoup de temps. il faut beaucoup de jours pour te mettre à écrire.
pour te mettre à écrire il faut beaucoup de jours, et les jours, et les tables, et les yeux et les arbres. il faut beaucoup les arbres. il faut beaucoup de jours. il faut voir le jardin. regarde le jardin. il faut voir les jardins. regarder la fenêtre. il faut de très longs jours.
il faut beaucoup d’années. il faut beaucoup de lignes. il faut beaucoup de lignes sur le cou, sur la race. sous les yeux il faut beaucoup de traits. pour te mettre à écrire. il faut beaucoup de ronces. les ronces dans le cou. il faut beaucoup d’années. il faut beaucoup tomber. il faut beaucoup de vase.
de la boue, de l’ordure, de l’essence et de l’huile, du gâchis, de la vase,
beaucoup de maladies
beaucoup de mains malades
beaucoup de dos griffé
beaucoup de pieds coupés









c’est










ce que je sais de la musique, je sais de la musique, ce que je sais de la musique, et je l’ai écoutée je sais de la musique et me dis la musique et je l’ai écoutée, écoute la musique, je sais de la musique et je l’ai écoutée jusqu’à ce que la mort
et je l’ai écoutée et j’ai senti le noir, jusqu’à ce que la mort, me dit de la musique et je sais la musique parce qu’elle est dans mon os,
je sais que la musique est venue l’autre jour,
je sais de la musique, je sais que la musique est partout l’autre jour, quand je l’ai écoutée, je l’écoute toujours, je l’écoute toujours, tu sais de la musique, tu l’écoutes toujours, elle l’écoute toujours
la musique et mes nerfs, je sais de la musique, je sais que la musique, la musique est facile, je sais que la musique n’a pas le sentiment, je sais que la musique est venue tout d’un coup, je sais que la musique est tout le sentiment, je sais de la musique qui arrive vers moi, je sais que la musique n’est pas dans la sueur, elle n’est pas dans ma larve, ni dans la main de droite, ni dans la main de gauche, ni dans l’œil que je sens, ni dans les gravillons, ni dans ma main de droite, ni dans ce que je dis, mais dans ce qui me vient, de tout ce qui me vient, dans tout ce qui me vient, je vois de la musique, je sais de la musique qui arrive de moi
et je l’ai écoutée




je suis prête à écrire.












Alors 
Approche une vielle femme, avec ses ongles larges,
elle est de la campagne
Elle se cache la tête avec les bras qui disent :



ni les vaches, ni les herbes, ni les femmes, ni le bois, ni le cuir, ni les branches, ni le cuir, ni  la torche, ni la petite aiguille, ni le cuir, elle redit ni le cuir









ce que je ne sais pas 
je sais de la musique 
et je ne le sais pas
Dans les poings, dans les angles, il y a des parties que je ne vois pas, c’est pourquoi je vais parler de la vie
dans la gorge et les lions, il y a des moments que  je ne vois pas, c’est pourquoi je dois parler des choses qui vivent
c’est pourquoi des choses vivent, c’est pourquoi je dois parler, c’est pourquoi celui qui parle a parlé, c’est pourquoi les chats bougent, c’est pourquoi les vieux morts, c’est pourquoi monte l’âne, c’est pourquoi les poils noirs







c’est pourquoi le fil tranche
c’est pourquoi je le dis,
c’est pourquoi gorges noires  






viennent les animaux qui font la gorge noire,
la gorge noire,
dis gorge noire, dis toute la partie que tu ne vois pas,
dis gorge noire






tu es couché sur des branches de terre, elles vont se casser sous ton dos, sous ton dos noir, dos noir, dos noir mon très petit, tu as laissé des branches, des branches noires, sur le couloir très noir, sur le couloir très noir les branches sont très noires
dis dos noir mon malade









Viens le gros monstre clair, il a la belle voix, il a la voix falaise, falaises noires, noires, de la montagne noire, viens le grand monstre noir,










Tu portes le poisson, il porte le poisson dans son ventre, il porte le poisson, le poisson est sorti de son ventre, le poisson est rentré dans la bouche du ventre, le poisson à la peau de poisson, est sorti de son ventre, le poisson dans son ventre, le poisson avale le poisson et le poisson connaît le poisson, le poisson est dans la mare, la mare est dans le ventre du poisson, le poisson va vers la tête et la tête va toujours au poisson, le poisson dit qu’écrire n’existe pas, le poisson a dit qu’écrire n’existait pas, le poisson a pourri vers la tête, la tête du poisson est pourrie et elle grouille, le poisson est pressé, il est pressé de mourir, le poisson est pressé, il va vers la grand mare, il va vers les œufs durs, le poisson vers la tête, vers le haut, dans les branches, le poisson dit écrire, le poisson dit écrire n'existe pas















1.12.13

Poème vidéo #2 Le mois de novembre 2013




Le mois de novembre compte 30 jours. 1 mot par jour. 30 mots. C'est un poème vidéo. 





VOIS LE CLAIR DE LA PLAINE VOIS LE CLAIR VOIS LE PLEIN DE LA PLAINE VOIS LE PLEIN CALME LISSE BRUN LENT COURT VOIS LE PLEIN DE LA VOIX PLEINE 





26.11.13

Choses concrètes. Laura Vazquez

L'enregistrement d'un de mes textes a été diffusé sur les ondes de Radio Galère, dans l'émission FREE POETRY, présentée par Damien Morel et Fabrice Jahk.







Il s'appelle Choses concrètes.


2.11.13

«J'ai choisi le suicide, d'autres choisiront le meurtre.» Le dernier texte de Nicolas Boudin.






« Ce sera demain, donc. Ce sera entre 19h et 20h (je veux qu'il fasse encore jour). Ce sera dans un hôtel. Ce sera au pied du Canigou. Voilà pour les certitudes. »







Nicolas Boudin est mort, suicidé. Il avait 35 ans.
8 jours avant la mort, il a commencé son livre.
Il l’a terminé.
Le livre s’intitule 8 jours sous le soleil.
C’est un livre court, net, avec la décision de mourir.


« Vous en ferez ce que vous voudrez après, mais sachez que ce que j'écris ici, c'est la conscience d'une mort proche qui l'a dicté. »



Avant de se tuer, Nicolas m’a envoyé, par la poste, un disque dur externe contenant tous ses écrits et des images et de la musique.
Il m’a envoyé, aussi, une lettre, dans laquelle il me demande de faire quelque chose de ce dernier texte 8 jours sous le soleil.


C’est une chose très importante
Ce n’est pas important à cause de la mort
C’est important parce que le texte est bon


Voici quelques extraits de ce qu’il considérait comme son testament intellectuel :



« Je voudrais tout dire ou, du moins, en dire suffisamment pour que, au moment d'avaler ma bouteille, aucun regret ne vienne me perturber. »

« On ne croit pas en ce que l'on dit du monde, de soi ou des autres si l'on n'a pas, au même moment, pleinement conscience qu'on va mourir. »

« Si ma mort doit avoir un sens, c'est au fond celui de faire comprendre que le suicide est un geste foncièrement inexplicable : non pas tant parce qu'il n'y a pas d'explications, mais parce qu'il y en a trop. Il ne faut pas se méprendre sur ce dernier point. »

« Oui, je me dois d'être complètement honnête : je veux que vous sachiez ce que le suicide contient de... joie. »

« Je suis, pour l'instant du moins, incapable de dire si la façon dont, après ma mort, vous déformerez ce qu'a été ma vie, ce que j'ai pensé, ce que j'ai écrit ici, est ce qui stimule mon désir d'en finir ou ce qui, au contraire, me ferait presque renoncer à mourir. »

« Je voudrais qu'on me pardonne l'emphase avec laquelle je présente les choses même si, je le répète, je ne peux pas être plus sincère. Qui d'autre que moi s'est pris avec une telle force l'élastique du néant dans la figure ? Je sais très bien ce que j'ai pensé ce jour-là, en 2009, je l'ai même écrit et je le répète ici encore une fois : « toute mon œuvre tient dans l'espace qui me sépare de ceux qui, à ma place, auraient avalé une boîte de psychotropes ». Comment voulez-vous que quelqu'un comme moi fasse autre chose qu'écrire au moment où il se retrouve dans la situation qu'il a lui-même décrit ? Je sais qu'en écrivant ce que j'écris maintenant, j'épuise ce qu'il reste de sens à ma vie pour en donner à mon œuvre. C'est une certitude. »

« Suis-je  fou d'avoir fait le pari de mourir dans... quatre jours maintenant ? Cela sera-t-il suffisant pour donner du sens à une existence entière ? Aurais-je assez de temps pour être pleinement satisfait de ma dernière œuvre quand le moment sera venu d'en finir ? La réponse est dans la question : si je parviens à en finir,  c'est que cela aura bel et bien suffi. »

« Répétons-le : se suicider, c'est tuer le monde entier... car d'un point de vue psychologique, il n'en va pas autrement. Certes, c'est ce qu'il y a de terrible dans le suicide : il faut renoncer à tout un monde. Mais c'est aussi ce qu'il y a pour moi de plus grisant : si c'est le monde entier qui va s'éteindre avec moi, il est probable que ce monde, à travers mon corps, se défende, avec mes vérités, mes certitudes, mes convictions profondes... Je vais devoir tout expliquer de mon monde : voilà ce à quoi me contraint ma mort à venir. »

« Qu'y a-t-il après ? Mon courage serait sans faille si j'étais convaincu que c'est le néant qui m'attend... »

« Je hais les médecins, les hôpitaux, les maladies, la culpabilisation de ceux qui ne veulent pas se soigner, le culte de la longue vie, la glorification de ceux qui guérissent du cancer, la stigmatisation des fumeurs, l'hypocrite interdiction de l'euthanasie, et tant d'autres choses. »




Il était peintre, dans son manuscrit quelques notes sur la peinture :


« La peinture, c'est le visible : en creux de ce que vous comprenez d'un tableau, il y a tout ce que vous savez de l'être humain. Devant un tableau, vos ricanements sont votre stupidité, votre incompréhension est votre bêtise, votre mépris est votre arrogance. Une œuvre d'art est une faune, un drame, la scène où se jouent tout ce qu'il est possible de savoir d'un être humain. Qui ne comprend rien à la peinture ne comprend rien à la vie. »


« J'ai peut-être, au fond, choisi d'être peintre. Cela signifierait tout simplement que je ne l'ai jamais été. L'art, ce n'est pas une carrière, n'en déplaise aux étudiants en école d'art. »





Quelques-unes de ses œuvres :





























Il composait aussi, à partir de ses textes, quelques extraits :











Il composait aussi, à partir de ses tableaux, quelques extraits :












Et puis cette vidéo, que j'aime infiniment et dans laquelle il dit les mots que les objets lui évoquent :







Nicolas écrivait beaucoup, il laisse des dizaines de textes, que je vais ordonner, trier, que je vais envoyer. Des romans, de la poésie, des aphorismes, des commentaires à propos de l’actualité : Lampedusa, l’affaire Benitez, la télévision avec, par exemple, cette remarque cinglante et juste et drôle, à propos des chroniqueurs imbéciles de l’émission stupide « On n’est pas couché » :




« Je n'en peux plus de ces deux fientes. Cette émission m'irrite à un point tel que je voudrais déverser mon fiel ici. Ces deux crétins, Aymeric Caron et Natacha Polony, dont les attitudes ne sont pas sans évoquer les visages des nobles poudrés du XVIIIème siècle tels qu'on les voit dans les films les plus caricaturaux, se donnent en spectacle tous les samedis soirs dans un show avilissant où les insultes ad hominem sont voilées (« Votre livre m'a profondément ennuyé » « ah vous avez eu le courage de le finir très chère, hihihihihihi hohohohoho » + rires de hyène et visages boursouflés d'auto-satisfaction) et où il est de bon ton de piétiner les valeurs de la politesse, de la courtoisie, de l'élégance et du respect de l'autre. »




C’était un ami très doux, calme, fort, délicat, sensible, compréhensif, attentif, drôle, intelligent, étonnant, respectueux, prévenant, présent et beau.



Dans sa lettre, il m’écrit cette phrase : « Nous sommes le 18 octobre, il est 10h58, et je commence à rédiger des lettres à mes proches. Je suis d'un calme et d'une sérénité qui me surprennent, je te prie de le croire. »  Je le crois.

Je crois aussi qu'il va m'être bien difficile de faire publier ses textes, parce qu'ils sont très subversifs.


Voici la dernière image qu’il a bien voulu laisser de lui, à travers cette vidéo youtube, postée le jour de son suicide. 




Poème vidéo # 1 Le mois d'octobre 2013




Le mois d'octobre compte 31 jours. 1 mot par jour. 31 mots. C'est un poème vidéo.





LES CHOSES QUE JE REGARDE BOUGENT QUAND JE LES REGARDE ELLES SE CHANGENT QUAND JE LES REGARDE ELLES ONT TOUJOURS BOUGÉ ET MÊME QUAND JE NE LES REGARDAIS PAS DU TOUT





5.10.13

Résonance Générale # 6



Je publie un texte dans le numéro 6 de Résonance Générale, la revue est éditée par l'Atelier du Grand Tétras. Dans ce numéro, on trouvera des poèmes d'Antoine Emaz, Fabrice Farre, Lola Nicolle, Bernard Vargaftig, Jean-Paul Woodall, Valérie Michel, Philipe Païni, des dessins d'Alice Popieul et plusieurs notes de lecture de Serge Martin à propos de Ma Ténèbre de Valérie Rouzeau (éditions Contre-allées, 2012), de Nous nous attendons : Renaissance à Gérard Schlosser d'Arianne Dreyfus (éditions Le Castor astral, 2012) et de Le roman d'un être et Le livre de l'oublie de Bernard Noël (éditions POL, 2012).
C'est une revue toute délicate, limpide et assez douce, on l'attendait depuis quelques mois, là voilà.