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29.12.12

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Elle est assise, mais elle n’est pas près d’un arbre et elle n’est pas jolie non plus. Elle est assise et ses pieds sont noirs, ils sentent un peu la terre, c’est parce qu’elle a marché, elle a marché tout le pays vous savez.


Ses pieds ont voulu rentrer dans une surface, et dans cet espace de l’intérieur, elle ne pouvait pas passer, alors elle est assise.
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Je ne me souviens pas de son prénom, je l’appelle la prostituée, elle s’appelle Fikali.


Et je lui demande pardon, pardon d’oublier ton prénom ma petite amère, pardon d’oublier que tu as aimé, pardon, pardon, ma petite hargneuse, tu sens le poison dans la terre et tu manges à la mort, redis ton prénom.


Parce que je suis seule aujourd’hui dans chaque ligne il y a un mystère qui passe, sur moi les choses se renversent, elles se retournent comme pour dormir, elles ne me touchent jamais, oh comme je pense à toi. Tu sais ce que c’est d’être une fille ?


Elle est sombre, elle mange la viande. Et je l’envie, parce que j’aime la saveur et j’aime aussi la couleur.


***


Tout le vide qu’il y a, dans les boites qui sont vides, par exemple, les ascenseurs, ou dans les toilettes des cafés, on frappe à la porte, qui est-ce ? C’est le diable en personne. Qui est là ? C’est un colporteur chinois, je suis venu pour te dire de mourir.


Elle se tient là, mais elle n’est pas tranquille, elle n’est pas habitée non plus, ne vous méprenez pas.


Elle est assise et j’aurais voulu lui parler mais lui dire plusieurs mots ensemble qui soient le mot juste, qu’ils lui rentrent par la bouche et lui descendent à l’anus, qu’elle en pleure, qu’elle en pleure.


Lui dire, pardon, pardon, ma petite, viens et pardonne-moi, tu peux te lever maintenant, tu vas te lever et tu vas me pardonner. 


Je l’appelle la prostituée, c’est qu’elle craint le soleil, elle est noire, elle n’a plus de dents. Ses dents elles sont parties, limées, petit à petit, c’est de la patience, c’est de la minutie. Une femme sans dent, tu sais ce que c’est d’être une fille ?


Quand on a deux narines, on y met des choses dedans. Par exemple du raisin ou de l’huile d’olive. La petite fille le sait déjà. Elle tire la langue et avec sa langue elle touche les joues des autres. Avouez que c’est beau. C’est toujours mieux que de dérouler ses entrailles dans le désert.


La petite fille elle n’a pas de prénom non plus, pas encore, mais ça devrait venir, on lui donne de la confiance, on lui donne des petites caresses et elle respire.


Il y a des mots : la rue des bergers, agent secret, il lui arrive de s’ennuyer, tournez à gauche, prenez à gauche, pas du tout, mais quand on a deux narines, on est bien forcé de respirer.


Elle s’est assise parce qu’elle devait mettre la tête dans ses mains comme tous ceux sont en vie le soir. Elle a pris ses cheveux dans ses ongles et elle a soupiré, elle a recommencé, elle a soupiré, elle recommence, je dis qu’elle s’appelle comme je voudrais bien et vous pouvez aller vous faire mettre. 


***


Elle est menée ici. Elle s’appelle Menée, c’est une femme qui a beaucoup vécu et depuis longtemps elle connait par exemple les secrets de l’eau, le souvenir de l’eau. 


Elle a été aimée, elle a aimé, elle a aimé aimer, elle est devenue la prostituée. Elle parle à voix basse, écoutons-la. Que dis-tu ? chchchch. Que dis-tu ? chéchéchichiché. Que diras-tu demain ? chila michila michilamichi chomichila chi. Quand vas-tu passer nous voir ? Chouchou mouloulou lalala. Et elle se met à danser, et comme elle est belle soudain ses dents repoussent et nous rentrons dans une brasserie. Je vais vous la présenter, vous allez venir à moi.


Tu sais comment on fait pour devenir une personne ? Il faut d’abord trouver le prénom et le corps ensuite. C’est l’ordre de l’alphabet : ABCDEFGHIJK et par exemple YY ou XY ou XX ou XU ou UX etc. etc. Quand tu es la personne il faut parler, parler beaucoup, beaucoup, pardon, beaucoup, pardonne-moi parce que je suis ici, pardon, pardonnez-nous parce que nous sommes venus en nombre, nous sommes venus en nombre infini, nous sommes tous venus ensemble, pardonnez-nous, pardonnez-nous, nous savons cuisiner, nous promettons de cuisiner tous les jours, nous vous promettons de cuisiner notre propre sang pour le manger, tous ensemble, en nombre infini.  


Maintenant elle est couchée et ses vêtements, ils sont enlevés. La petite fille est arrivée, elle a couru, elle lui dessine des lettres sur le corps, mais des lettres que vous et moi ne connaissons pas.


Comment t’appelles-tu toi ma petite ? Je m’appelle Précipitée pas du tout, je suis venue en autobus avec ma maman, mais elle est tombée malade, elle est restée dans l’autobus. Ma maman, ma pauvre maman ! Allons, allons, ma petite, elle va revenir ta maman ne t’inquiète pas. Tu l’aimes ta maman ? Je m’appelle Précipitée pas du tout. Oui, mais est-ce que tu l’aimes ta maman ? Je l’appelle. Tu joues d’un instrument de musique ? Non. Elle se met à arracher les fleurs, elle suce les cailloux. Elle a une grosse pierre dans la bouche. Pourquoi mets-tu les pierres dans la bouche ma petite ? Elle ne répond pas, la prostituée s’est endormie. 


Tu es complètement seule maintenant ma petite ? Oui madame.


La petite, elle a repris le bus, elle a retrouvé la mère et les deux sont allées voir les statues, c’est un endroit qu’on appelle comme ça, les statues, il y a des statues là-bas forcément, au moins 50, elles sont rouges. Et la petite Précipitée et la mère se promènent entre les statues qui les dépassent et qui sont rouges, rouge rose bizarre.


Les statues ont des yeux qui sont plats, la pupille est égale à la peau. La petite Précipitée est rassurée par ces yeux. On croit qu’elles ont été sculptées les statues, par un homme, mais il ne faut pas en être aussi sûr, croyez-moi. 


Croyez-moi, je vous en prie, on ne sait pas ce qui se passe.


La prostitué s’éveille, elle veut manger bien sûr, il n’y a que de la terre, c’est parce qu’elle a beaucoup bu l’autre soir, au bar, après la brasserie, elle était saoule, elle embrassait ceux qui ne voulaient pas, on l’a foutue dehors fissa.


Eh Oh… Oh Eh… où es-tu Précipitée ? Elle est partie avec la daronne, elles sont allées voir des statues. Ah d’accord. Te voilà seule à nouveau n’est-ce pas ? chchchchch. Tu sais que lorsque tu souffres, il y a plusieurs couvercles qui s’ouvrent sous ta peau, c’est un phénomène de la vie, ne sois pas injuste avec les autres, ils ne font qu’exister, il n’y a rien à attendre d’eux, il faut manger des plantes, des légumes, les épluchures des légumes il faut les garder, tu les garderas et tu les donneras à la petite fille, elle saura quoi en faire. Pense à son corps, au corps de la petite, elle n’a que 5 ans, pense à son corps. Tu sais ce que c’est d’être une fille ? Est-ce que tu sais ce que c’est au fond ? Oui.


Toi, tu avais 5 ans, qu’est-ce que tu faisais dans cet âge, qu’est-ce que tu faisais, tu le sais ? Oui. J’étais avec mon frère, nous n’avions pas de chaussures et nous avons marché et moi j’ai vieilli, lui il a disparu, c’est ici qu’on m’a retrouvée, assise ici. 

16.12.12

ElFuego Fatuo participe à la compilation Sonopsies du label Caméras Animales

Sonopsies, la première compilation du label Caméras Animales, regroupe une dizaine d'artistes européens et américains. On y retrouve : SÆomulçi∝ Gonn≥c, M. Savant Stifleson, Awkwardist, Méryl Marchetti, R3PLYc4N, Flatline Skyline, Mushin, Ichtyor Tides,  Forakte, Sun Thief, Thierry Théolier et El Fuego Fatuo (Clara de Asis et Laura Vazquez).
Vous pouvez vous procurer la compilation ICI.



9.12.12

Les bergers


Aujourd’hui c’est la fête particulière de la terre qui se mange avec des racines rouges et amères. Tu ne cours pas le moindre risque si la terre rentre par tes oreilles c’est bien. C’est bien pour une occasion particulière, une fête rouge, si tu cours tu ne rentres pas, aujourd’hui. Chama Chamacha Chamé le rouge de la terre il dit que c’est une distance des choses et de l’Homme, l’Homme et toutes les choses, au jardin sur la terre, Chama le Chacha Chamé il dit que l’occasion rentre et qu’elle court, alors l’Homme mange de la terre et ses dents minuscules se tâchent jusqu’aux oreilles, et c’est une distance. C’est une occasion comme une autre de passer près de toutes les choses. Quand tu seras enfin tranquille, au jardin qui se tâche au très près, aujourd’hui Chama Chachacha le loup viendra pour parler de tous les hommes. Tu courras dans la terre, mais quand seras-tu enfin tranquille ? Entièrement blanc, entièrement projeté, entièrement projeté sur toi ?

L'amertume des éléments


la solitude de toute matière
l’amertume du moindre petit être qui parle

près des grandes cheminées d’usines, dans la nuit des jeunes garçons qui boivent et qui tombent jusqu’au soleil d’or.
sur toutes les peaux blanchies par la drogue et le bruit des camions sur la route, se trouve la véritable extase de la malédiction. les petites roumaines de Paris la nomment furie mais elle s’incline sur les derniers commerces du quartier nord.


l’extase de la malédiction.


dans tous les petits coins de la grande ville d’Europe, les jeunes garçons sont très près de la mort et ils chantent. ils se rapprochent un peu de la vie ordinaire.

les mères couchent les petits enfants, elles sourient en tendant le linge. je parle du soleil et de la peau dans l’ombre. je parle de gravier, de cendre et de la peau dans l’ombre.
je parle d’une grande nuit et du désespoir dans chaque heure.
je parle d’un vrai mystère, d’une surprise stérile.

quand notre vie se séparera de tout. dans l’humiliation de nos chairs, l’extase de la malédiction.

30.11.12

Les poèmes de Triunfo Arciniegas

Sur le site Recours au poème, quelques textes poétiques de l'auteur colombien Triunfo Arciniegas, accompagnés de leurs traductions que j'ai eu le plaisir de réaliser il y a quelques mois :








15.11.12

Electrochocs, Cité de la musique, Marseille

Mardi 11 décembre, à 19 heures, à la Cité de la musique, Clara de Asis présentera la dernière composition ElFuego Fatuo "Un peu".


14.11.12

Revue L'Autobus

Ce mois-ci la revue l'Autobus publie un de mes poèmes. Dans ce numéro nous retrouverons Marc Bonetto, Morgan Riet, Alexis Denuy, Jany Pineau, Ludovic Joce, Eric Dejaeger et Michel Baglin.



2.11.12

ElFuego Fatuo/ Galerie des Grands Bains Douches de la Plaine

Nous donnerons une lecture performée dans le cadre de l'Open Expo à la Galerie des Grands Bains Douches de la Plaine, à Marseille.


31.10.12

Ouvir






Ouvrir




Les nerfs ça forme. un caillot de sang dans la boîte. du crâne, ça forme. une petite boule comme en gravier. ça commence malNous serions tous morts. disait la petite roumaine du bord. de la rue et nous serions. au dessus de la mer et de toute. la ville. Disait-elle la gamine. du bord. Elle caressait avec. sa petite main noire. un vilain chien tout. noir aussi, qui gémissait un peu et. il ne faisait vraiment pas chaud, c’est pourquoi il n’y avait personne. Et c’était la nuit, en plus. de tout le reste, il faisait nuit et je les voyais. bien par la fenêtre, la gosse. et le chien, je savais bien que derrière. moi c’était la télévision et c’était la nuit. encore, alors je lui ai dit, à la petite, que nous étions. ensemble comme au bord de quelque chose, mais elle n’a jamais rien entendu. Cette gamine du bord. De quelque chose qui existe. beaucoup et qui ne plie. jamais, qui se tient. bien en dehors des vêtements, parce qu’en dessous il y avait. ça et c’était bon à déchirer. de haut en bas avec une belle lame bien. affilée, nous aurions pu regarder. et ça pourrait être. clair, si clair qu’au fond. nos yeux ne valent pas. la peine. Voilà c’est ce qu’il. faudrait, c’est ce qu’il. aurait fallu, les vêtements, en dessous, tout. ouvrir, les petites filles de la rue. et les voisins un par un, l’un après. l’autre, sans faire trop. de bruit, on entendrait. les respirations et certains tousseraient un peu. entre leurs mains, voilà. ce qu’il faudrait, ce qu’il aurait bien fallu. Dans leurs mains ça coulerait. un peu, mais elles resteraient sèches, bien. sèches, comme du bon pain, leurs. mains. Elle disait la gamine, parfois je me sens si gaie d’avoir faim, ma petite roumaine. Au bord. de sa mort. Je me sens si gaie. Et ça la faisait rire, et ça me faisait bien rire, et on rigolait bien. dans cette rue. Mais elle, elle n’entendait pas, ma fenêtre. Et les voisins ils ne savent rien. de cette histoire, et j’aurais bien aimé descendre. et ouvrir juste celui d’en bas, celui là juste, parce que je crois. qu’il dort, il est en paix, il bave. un peu et ça reste dans le coin de sa bouche, ça reste là. Voilà je devrai, j’aurais bien du. descendre, ensuite ouvrir, entièrement. et c’est un grand spectacle l’intérieur, croyez-moi, c’est une grande foire, ce n’est pas tout. rouge, il y a des volumes et c’est plutôt noir. mauve, c’est plutôt humide. et tendre, c’est fait pour coller sa bouche, ça vous fout. la joie aussi. C’est ça le bord, c’est ce bord. ma petite de Roumanie, ma petite du bord tu vois, bien affilée. Les nerfs ça forme. un caillot de sang dans la boîte crânienne. ça forme une série de maladies. transparentes qui vont te bouffer mon petit chat, les nerfs. ça va durer dans la nuit.

12.10.12


Vous dans la montagne / Usted en la montaña


Vient de paraître aux éditions Le Dernier Télégramme la version bilingue du texte de Franck Doyen Vous dans la montagne. J'ai eu le plaisir de réaliser la traduction de ce long et beau poème.





 






VOUS dans la montagne est un récit poétique fragmentaire. Mais il est aussi narratif. Une situation originelle y est dépeinte et soumise à évolution voire dénouement : le personnage (qui est le « vous ») incarne un guérilléro dans les montagnes qu’on devine du Sud-Est mexicain. Blessé, il évolue et chemine à travers les forêts et les montagnes, du marxisme révolutionnaire vers le communautarisme indigène. De la lutte armée vers l’écriture. Cette édition propose de découvrir le texte de Franck Doyen en français et en espagnol. Elle fait aussi la part belle au dialogue entre mots et dessins.





  

ElFuego Fatuo (Clara de Asis / Laura Vazquez) et Julien Blaine

Le collectif poétique ElFuego Fatuo réalise une lecture à 10 voix à partir d'un texte du poète Marseillais Julien Blaine (qu'on ne présente plus). Cette pièce intitulée "Disparus" sera diffusée prochainement sur France musique, ainsi que sur Radio Mobile pour la biennale de São Paulo.




11.10.12

Dissonons

Publication d'un de mes poèmes dans le numéro 23 de la revue pluridisciplinaire à but non objectif : Dissonances. 


5.10.12

Les états civils

La revue en ligne Les états civils publie deux de mes poèmes accompagnés de deux photographies, dans son numéro 9.



28.9.12

Comme un terrier dans l'igloo #98


La revue Comme un terrier dans l’igloo publie La rivière, un petit poème de ma composition.

Cette revue de poésie au titre changeant (comme un Terrier dans l’igloo,  Comme un poirier dans… l’hibou dans la lune !) est née en 1984 et elle est animée par Guy Ferdinande.

Dans ce dernier numéro, nous retrouverons également Michel Pierre, Malika Smati-Haddad, Denis Ferdinande, Michel Ohl, Francis Giraudet, François Huglo, Guy Ferdinande,  Julien Ferdinande, Peter Arthur Cæsens & Christoph Bruneel, Marie-Noëlle Agniau, Denis Langlois, Philippe Jaffeux, Roland Hinnekens, Daniel Daligand et Ruben Librez.




4.9.12

Résidence d’artiste au musée Skylab, Noailles, Marseille.

Le Skylab est un musée temporaire installé dans un immeuble de Noailles (centre ville Marseille). Il est composé de 5 pièces d’exposition et d’un duplex terrasse sur 360°.

A l'occasion de cette résidence nous avons travaillé sur le projet "Rites de l’Homme".
"Rites de l’Homme" est une longue lecture performée d’un texte poétique sonore. L’idée du projet nous est venue il y a quelques mois, à Séville, au moment de la semaine sainte.

Clara de Asís a composé une pièce sonore sur laquelle elle improvisera, avec un laptop, des piezos, des bols tibétains, des bâtons, ses mains et sa voix. Laura Vazquez a écrit un texte et elle improvisera, avec sa voix.
 
 
 
 
 
 
 
 
 

3.9.12

     


Jour et lendemain


Revue Népenthès



Publication d'un de mes poèmes dans la revue Népenthès.



Au sommaire de ce numéro consacré à Kafka, nous retrouverons : Gwen Garnier-Duguy, Clara de Asis, Jacques SicardMarie Berchoud, Yannick Torlini, Jacques Rigaut, Emmanuel Steiner, Christophe Esnault, Jean-Paul Gavard-Perret, Paul Jullien,Guénolé Boillot, Jacques Cauda, Pierre Delvincourt, Muriel Friboulet, Valérie Maltais, Kamel Rachedi, Julien Bielka, Françoise Breton, Sabir Kadel, Frédéric Perrot, Jonathan Bougard, Jean-Luc Coudray, Jean-Marc Gougeon, Olivier Vallecalle, Marine Detroyat, Vincent Rosinach, Jean-Marc Musial, Fabrice Farre, Bernard J. Lherbier, Patrice Maltaverne, Patrick Aveline  
  

  



ElFuego Fatuo, in Fukushima.


Le collectif poétique ElFuego Fatuo participe à Meanwhile, in Fukushima. 







Ce projet de création sonore est mené au Japon par Dominique Balaÿ. 

Peu de temps après la catastrophe de Fukushima, un collectif d’artistes japonais s’est réuni autour de la figure de Otomo Yoshihide, pour tenter de remettre de la vie là où il n’y avait plus que poison et angoisse. Un projet est rapidement né : Project Fukushima !, véritable appel à la création qui a donné lieu à un festival, situé à Fukushima même, et à une série d’événements à travers le monde (Londres, New York, Bangkok, Séoul, 
Singapore, Paris…). Avec les sons collectés et organisés en bibliothèque « open sounds », une invitation est lancée à différents artistes pour tenter, à travers les œuvres créées, de jeter une ligne de vie entre là-bas et ici. 

Il ne s'agit ni de dénonciation militante ni de simple reporting des faits, mais plutôt de la démonstration d’un désir et d'une tentative de maintenir une « connexion » avec ces lieux et ces populations officiellement condamnés.

Le projet sera présenté sur France culture (dans l'émission de Thomas Baumgartner), et les compositions seront diffusées sur France musique.