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31.10.12

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Les nerfs ça forme. un caillot de sang dans la boîte. du crâne, ça forme. une petite boule comme en gravier. ça commence malNous serions tous morts. disait la petite roumaine du bord. de la rue et nous serions. au dessus de la mer et de toute. la ville. Disait-elle la gamine. du bord. Elle caressait avec. sa petite main noire. un vilain chien tout. noir aussi, qui gémissait un peu et. il ne faisait vraiment pas chaud, c’est pourquoi il n’y avait personne. Et c’était la nuit, en plus. de tout le reste, il faisait nuit et je les voyais. bien par la fenêtre, la gosse. et le chien, je savais bien que derrière. moi c’était la télévision et c’était la nuit. encore, alors je lui ai dit, à la petite, que nous étions. ensemble comme au bord de quelque chose, mais elle n’a jamais rien entendu. Cette gamine du bord. De quelque chose qui existe. beaucoup et qui ne plie. jamais, qui se tient. bien en dehors des vêtements, parce qu’en dessous il y avait. ça et c’était bon à déchirer. de haut en bas avec une belle lame bien. affilée, nous aurions pu regarder. et ça pourrait être. clair, si clair qu’au fond. nos yeux ne valent pas. la peine. Voilà c’est ce qu’il. faudrait, c’est ce qu’il. aurait fallu, les vêtements, en dessous, tout. ouvrir, les petites filles de la rue. et les voisins un par un, l’un après. l’autre, sans faire trop. de bruit, on entendrait. les respirations et certains tousseraient un peu. entre leurs mains, voilà. ce qu’il faudrait, ce qu’il aurait bien fallu. Dans leurs mains ça coulerait. un peu, mais elles resteraient sèches, bien. sèches, comme du bon pain, leurs. mains. Elle disait la gamine, parfois je me sens si gaie d’avoir faim, ma petite roumaine. Au bord. de sa mort. Je me sens si gaie. Et ça la faisait rire, et ça me faisait bien rire, et on rigolait bien. dans cette rue. Mais elle, elle n’entendait pas, ma fenêtre. Et les voisins ils ne savent rien. de cette histoire, et j’aurais bien aimé descendre. et ouvrir juste celui d’en bas, celui là juste, parce que je crois. qu’il dort, il est en paix, il bave. un peu et ça reste dans le coin de sa bouche, ça reste là. Voilà je devrai, j’aurais bien du. descendre, ensuite ouvrir, entièrement. et c’est un grand spectacle l’intérieur, croyez-moi, c’est une grande foire, ce n’est pas tout. rouge, il y a des volumes et c’est plutôt noir. mauve, c’est plutôt humide. et tendre, c’est fait pour coller sa bouche, ça vous fout. la joie aussi. C’est ça le bord, c’est ce bord. ma petite de Roumanie, ma petite du bord tu vois, bien affilée. Les nerfs ça forme. un caillot de sang dans la boîte crânienne. ça forme une série de maladies. transparentes qui vont te bouffer mon petit chat, les nerfs. ça va durer dans la nuit.

12.10.12


Vous dans la montagne / Usted en la montaña


Vient de paraître aux éditions Le Dernier Télégramme la version bilingue du texte de Franck Doyen Vous dans la montagne. J'ai eu le plaisir de réaliser la traduction de ce long et beau poème.





 






VOUS dans la montagne est un récit poétique fragmentaire. Mais il est aussi narratif. Une situation originelle y est dépeinte et soumise à évolution voire dénouement : le personnage (qui est le « vous ») incarne un guérilléro dans les montagnes qu’on devine du Sud-Est mexicain. Blessé, il évolue et chemine à travers les forêts et les montagnes, du marxisme révolutionnaire vers le communautarisme indigène. De la lutte armée vers l’écriture. Cette édition propose de découvrir le texte de Franck Doyen en français et en espagnol. Elle fait aussi la part belle au dialogue entre mots et dessins.





  

ElFuego Fatuo (Clara de Asis / Laura Vazquez) et Julien Blaine

Le collectif poétique ElFuego Fatuo réalise une lecture à 10 voix à partir d'un texte du poète Marseillais Julien Blaine (qu'on ne présente plus). Cette pièce intitulée "Disparus" sera diffusée prochainement sur France musique, ainsi que sur Radio Mobile pour la biennale de São Paulo.




11.10.12

Dissonons

Publication d'un de mes poèmes dans le numéro 23 de la revue pluridisciplinaire à but non objectif : Dissonances. 


5.10.12

Les états civils

La revue en ligne Les états civils publie deux de mes poèmes accompagnés de deux photographies, dans son numéro 9.